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Avertissement utile aux étudiants

Il faut savoir distinguer un travail original d’un retraitement des données ou du travail des autres. Le retraitement des données ou du travail des autres représente la quasi-totalité de l’immense majorité de l’enseignement. C’est l’exploitation d’un travail rapporté. Dans n’importe quelle société, il est normal de colporter ce qu’on a lu et l’enseignement n’échappe pas à la règle. D’ailleurs, le processus fonctionne très bien dans les universités depuis des siècles quand la connaissances est insérée dans des encyclopédies, des dictionnaires, des tables ou des codes. De temps en temps, on modifie un mot ou on refait une ligne, un paragraphe ou une colonne. En principe, ce savoir n’est jamais faux. Il peut tout au plus manquer de précision ou s’avérer inutile momentanément. Il est figé et pas susceptible d’être remis en cause dans ses fondements. Mais, l’information, la communication, l’enseignement sont des formes d'exploitation d’un travail rapporté. L’originalité de l’auteur porte sur la mise en forme pas sur la connaissance qu’il transmet. Il peut être un grand communiquant honnête sans s’attribuer un contenu qui n’est pas le sien, il peut utiliser un nombre réduit de formats qui lui permettra de communiquer à grande vitesse des informations qu’il n’aura pas ou plus le temps de vérifier, il peut vouloir faire croire que des données, des théories ou des hypothèses lui appartiennent grisé par l’accueil de ses présentations qui lui font oublier qu’il n’a pas de données ni de travail personnel pour leur obtention, il peut aussi être tenté d’y mélanger ce qui a l’apparence d’un travail personnel au milieu du travail des autres et, enfin, il peut tout aussi bien plagier comme tout bon étudiant en train d’apprendre en recopiant presque purement et simplement un travail qui n’est pas du tout le sien mais qu’il pense que personne ne reconnaîtra (à la différence d’un étudiant qui a besoin qu’on reconnaisse ce qu’il a appris pour avoir une bonne note). Cette dernière forme est devenue très courante dans les sciences qui s’accompagnent de mesures physiques puisqu’il suffit de modifier un paramètre ou deux pour être original. Ce n’est pas forcément mauvais car l’amélioration des technologies repose en grande partie sur l’optimisation des paramètres mais il ne s’agit pas d’un travail original au sens plein du terme utilisé dans la recherche. Enfin, il existe des plagiaires c’est à dire des menteurs et des tricheurs qui publient à tour de bras en réarrangeant des centaines et des milliers de paragraphes et de phrases recopiés dans des journaux électroniques ou non y compris sans aucune donnée personnelle ni travail scientifique personnel. L’abondance quasi-illimitée de la ressource documentaire permet toute sorte de manipulations en toute impunité pendant très longtemps c’est à dire quasiment toute une vie. Il n’existe aucune vérification dans les journaux dits scientifiques. La vérification qui a lieu dans les meilleures revues est une vérification de vraisemblance mais comme les journaux publient ce que tout le monde cherche, il est toujours vraisemblable que quelqu’un à tout moment ait trouvé la réponse. Aucune vérification à court terme ne peut avoir lieu car il faudrait autant de temps à autant de personnes pour réaliser le travail soumis à publication. Autrement dit, c’est impossible. Une fraude, au sens où le travail n’a pas été fait, ne peut être démasquée qu’à l’occasion d’un travail comparable. Toutefois, comme on a rarement besoin de reproduire exactement la même expérience, la fraude fait l’objet d’une simple suspicion. Apporter la preuve d’une fraude nécessite d’y consacrer du temps qui n’est pas consacré à ses proches recherches. La fraude scientifique a donc de beaux jours devant elle.


Un travail original représente la quasi-totalité de l’immense majorité de la recherche digne de ce nom. Un travail original est toujours un travail personnel en profondeur avec accumulation de données et comparaison d’hypothèses. Pendant longtemps, plusieurs années, on aboutit à des résultats déjà publiés. C’est rassurant. Si ça dure trop longtemps, ça devient désespérant mais c’est inévitable. Avec un peu de chance et beaucoup de témérité, il est parfois possible d’aller plus loin très lentement, pas à pas, en tâtonnant. Il n’y a aucun travail original qui puisse s’obtenir en moins de deux ans pour une tout petite pierre apportée à l’édifice et d’ailleurs souvent signalée à l’avance par un autre chercheur qui a passé le relais à un nouveau chercheur pour aller plus loin que lui à sa place ou à côté de lui. La vie d’un chercheur est faite de petites contributions et si ces contributions sont ordonnées elles peuvent former un filon de recherche. Il n’y a pas de chercheur qui soit certain que sa recherche sera immédiatement utile. Pour l’immédiateté, il y a les ingénieurs. Un chercheur apporte quelque chose de nouveau aux autres chercheurs, pas à l’humanité. On peut faire quelque chose de nouveau plus ou moins renouvelé tous les jours comme un journal, une communication, un enseignement mais on ne peut pas trouver quelque chose tous les jours. Aller plus loin que les autres n’est pas une mince affaire. La plupart du temps on reviendra bredouille mais l’expérience est sans égal car on sait petit à petit ce qui marche et ce qui ne marche pas, ce qui est nouveau et ce qui ne l’est pas. Obliger un chercheur à publier régulièrement est une ineptie qui ne peut conduire qu’au plagiat dans l’art duquel certains sont passés maîtres même si on peut y rencontrer le succès, un succès immérité évidemment. La seule chose qui compte est qu’un chercheur cherche comme un boulanger fait du pain et un pâtissier des gâteaux. Le problème est qu’il est impossible de savoir si un chercheur cherche si il ne publie pas. C’est donc insoluble.


Finalement, il est souvent difficile de savoir si on peut se fier à ce qui est publié et c’est particulièrement vrai dans les sciences de la vie et de la santé où on publie beaucoup de données personnelles qui peuvent parfaitement ne jamais avoir existé ou être erronées ou être mal interprétées ou être publiées sous une autre forme par un autre. Il est impossible de savoir qui a tort et qui a raison, qui a travaillé et qui n’a rien fait. Beaucoup de chercheurs titulaires des grands organismes reconnaissent qu’ils ne se fient qu’aux équipes et plus encore aux personnes qu’ils connaissent personnellement et dont ils sont sûrs que les données et le travail existent sur le sujet qu'ils ont en commun.


L’épreuve de lecture critique d’une publication

Au moment de préparer l’épreuve de lecture critique d’une publication dite scientifique, les étudiants en médecine en fin d’études ont une légitime appréhension car ils savent intuitivement tout cela et ils espèrent, pour y parer, que l’épreuve ne portera que sur la méthodologie scientifique qui, elle, est universelle. Quand on n’est pas un chercheur du même domaine, la critique des données ne peut rien apporter de plus que la critique d’un acte notarié rédigé en latin ou en grec ancien.

31 juillet 2014 14:49

Centre Hospitalier Universitaire de Nicehttp://www.chu-nice.fr
Laboratoire d’addictologie biologique et toxicologiehttp://www.chu-nice.fr

Ce site a pour but de rassembler et de mettre à la disposition des étudiants et de toute personne intéressée les connaissances mathématiques nécessaires à la compréhension de la répartition d’un médicament ou d’un toxique dans l’organisme et à sa détection et son identification quelle que soit la méthode de mesure physique utilisée et en suivant les critères bayésiens d’interprétation diagnostique connus en médecine principalement sous les termes de valeur prédictive positive (VPP) et valeur prédictive négative (VPN).